Ce site est la mise en scène de deux siècles d’évolution des territoires et des populations communales appuyés sur la représentation du paysage français du XVIIIe siècle réalisée par les équipes Cassini.

Il répond à trois objectifs :
  • scientifique : un outil de travail pour la recherche historique
  • prospectif : une aide à la compréhension des territoires actuels pour une réflexion sur le futur
  • culturel : une diffusion d'un élément du patrimoine français

Il met en relation trois types de données :
  • une base de données administratives et démographiques communales
  • un fonds des limites administratives de la France actuelle (BD-Carto, IGN)
  • un fonds cartographique de la France du XVIIIe siècle (Carte de Cassini)

La navigation cartographique permet de se déplacer sans discontinuité sur l’ensemble du territoire, de pointer sur une zone sélectionnée et de faire paraître les limites administratives communales et départementales d’aujourd’hui.

L’index des toponymes permet de se positionner sur une commune actuelle, une ancienne commune ou une commune qui a changé de nom. Cette action renvoie l’image Cassini de son environnement et des différents éléments constitutifs de son territoire d’aujourd’hui. La notice communale retrace l’histoire de son évolution démographique, de celle de ses limites et de son inscription dans les niveaux supérieurs de l’administration depuis les années 1780.

LES CARTES

La Carte de Cassini (voir aussi Dossier Cassini)
Présentation

La Carte de Cassini ou Carte de l’Académie est constituée d’une collection de 180 feuilles, 154 feuilles au format 104 cm x 73 cm et 26 feuilles à des formats divers. Elles ont été gravées sur des plaques de cuivre conservées par l’Institut géographique national (IGN) qui diffuse les sorties papier en noir et blanc.

Aux quatre coins de chaque feuille sont portées les distances en toises à la méridienne de Paris et à sa perpendiculaire. Le canevas géométrique établi par Cassini de Thury présente des pas de 40 000 toises en X par rapport à la méridienne et des pas de 25 000 toises en Y par rapport à sa perpendiculaire.

À une échelle de 1/86 400e et la toise valant 1,949 mètre, l’emprise sur le terrain est de 77 961,6 x 48 726,0 mètres (en projection Cassini) pour une feuille pleine. Le scannage des ektachromes fournis par la BNF a généré des fichiers en format TIFF de 5 672 x 3 545 pixels en dimension moyenne.

Dans les années 1780, la reine Marie-Antoinette et quelques notables souhaitant disposer de ces cartes lors de leurs déplacements, ont commandé des exemplaires aquarellés. Chaque feuille a été découpée en 21 rectangles collés ensuite sur une toile de jute afin d’en permettre le pliage et le transport aisés. C’est un de ces exemplaires qui est présenté ici, conservé au département des Cartes et Plans de la Bibliothèque nationale de France (BNF).

Préparation du fonds

Avant de réaliser le géoréférencement des feuilles aquarellées, il fallait au préalable en reconstituer la continuité. Cette opération, réalisée sous Adobe Photoshop, a consisté à extraire chaque rectangle constitutif d’une feuille et à les ajuster un à un dans un nouveau fichier.

L’ajustement de ces rectangles, découpés et collés sur une toile il y a maintenant plus de deux siècles, laissent paraître en certains endroits quelques légères imperfections. Mais, le résultat est néanmoins tout à fait satisfaisant.

D’une feuille à l’autre, les juxtapositions s’opèrent également bien mis à part quelques défauts de prolongation d’un massif boisé, d’une route ou d’une rivière. Des différences parfois sensibles de coloration sont à noter, exposition à la lumière différente selon la manipulation des feuilles ou travail d’une équipe différente ...

En bordure des feuilles, les objets représentés (église, château, toponyme, autre précision, etc.) peuvent être prolongés ou portés dans les marges qui ont été nécessairement coupées pour constituer des fichiers homogènes. Ces « pertes » d’information sont recensées, feuille par feuille, dans la notice « Identification de la feuille ».

Les noms des feuilles, présentés dans le tableau général de correspondance « feuilles Cassini-départements actuels » accessible à partir de la notice « Identification de la feuille », sont repris du tableau général d’assemblage réalisé par Cassini. Ces noms sont parfois différents des intitulés des feuilles elles-mêmes (voir exemplaire noir et blanc de la BNF).

Géoréférencement des feuilles

Il a été réalisé avec le logiciel SIS, système d’information géographique développé par la société Cadcorp. Les paramètres de la projection Cassini employés sont :

  • Ellipsoïde : sphère de Picard de rayon 6371598,000 m
  • Latitude d’origine : 48°50’10’’ Nord
  • Méridien origine : méridien de Paris, 2°20’14’’ Est de Greenwich
  • Méridien central : 0°
  • Faux Est : 0.000 m
  • Faux Nord : 0.000 m

Le tableau d’assemblage des 181 feuilles assure leur positionnement géographique. Les paramètres affinés du Datum shift sont calculés par la mise en relation des clochers Cassini et des clochers actuels correspondants. Les clochers sont les points les plus stables et les plus remarquables parmi les différents objets représentés sur la Carte Cassini. Ils ont constitué, pour les levés, l’essentiel des repères qui ont permis d’établir la triangulation de base.

La validation, par IGN-Conseil, de cette opération est appuyée sur des tests de calcul d’écart entre les clochers d’aujourd’hui, le réseau hydrographique de la BD-Carto de l’IGN et les traits de côtes. Les écarts observés par rapport aux clochers vont de 23,3 mètres au minimum à 484,9 mètres au maximum (sur l’échantillon de clochers significatifs retenus pour les calculs), avec une moyenne de 300 mètres pour l’ensemble des thèmes vectoriels retenus.

Le fond Bd-Carto, thème des limites administratives

La Base de Données Cartographiques ou BD-Carto est une des grandes bases de données produites par l’Institut Géographique National (IGN). Née au milieu des années 1980, elle est constituée, en projection conique selon le système de coordonnées Lambert II étendu, à partir de la numérisation des cartes au 1/50 000 e et de l’imagerie SPOT. Sa précision, de l’ordre de la vingtaine de mètres, lui confère un rôle de référentiel national. Sa mise à jour est annuelle.

Elle est modulaire et peut être découpée selon la zone géographique et/ou selon la thématique souhaitée. Elle présente sept thèmes dont un seul, celui des limites administratives, est utilisé selon la version mise à jour 1999.

Afin de conserver l’intégrité de la Carte de Cassini, le fonds BD-Carto est présenté en projection cylindrique Cassini. Les contours départementaux et communaux sont affichables seulement à un certain niveau de zoom

Le fonds des chefs-lieux communaux

Les territoires communaux sont identifiés par des pictogrammes symboles de leur chef-lieu (coordonnées extraites du fichier IGN Route120). Ces territoires peuvent être restés stables depuis le début de la période d’observation (1801 pour l’instant) ou bien au contraire avoir subi de nombreuses recompositions, parfois fort complexes, ce que signale la légende des points chefs-lieux.

LES TERRITOIRES

La base de données présente, pour la totalité du territoire métropolitain, les évolutions qu’ont connues les périmètres administratifs, du plus petit — la commune — au plus grand — la Région — depuis 1793, c’est-à-dire depuis plus de deux siècles.

Dans des mises à jour ultérieures, les informations sur la période de la fin de l’Ancien Régime seront intégrées de même que les modifications de limites mineures (échanges de hameaux ou de parcelles).

Les communes « réunies » sont affectées du numéro de code Insee de leur commune d’absorption. Celles dont les territoires ont été éclatés entre plusieurs autres reçoivent le code de la commune à laquelle a été attribué la podrtion de territoire, siège du chef-lieu supprimé.

Au début du XIXe siècle, les textes ne précisent pas toujours le nom ni la désignation du chef-lieu de la nouvelle entité. Les niveaux respectifs de population ou le nom qui perdure dans les documents administratifs ont alors servis pour cette affectation, avec peut-être quelques erreurs locales.

Certaines reconfigurations territoriales sont complexes, mettant en jeu un nombre important de communes, d’autres sont défaites quelques années plus tard. La symbolique retenue pour l’affichage des points chefs-lieux appellent l’attention sur ces mouvements et les notices communales en rapportent l’historique.

Les modifications intervenues depuis le dernier recensement de 1999 jusqu'en 2006   seront intégrées en même temps que la mise à jour du fonds IGN. 

Les sources

Le recensement de 1793, dit de l’an II, réalisé sur l’ensemble du territoire français de l’époque, fournit le premier état des municipalités nouvellement mises en place (voir plus bas, rubrique population). Les entités administratives de base peuvent dès lors être suivies une par une jusqu’à aujourd’hui, bien qu’une lecture critique et attentive soit requise pour les suivre à travers les embûches des homonymies et de leurs variations de noms et d’appartenance aux ressorts administratifs supérieurs.

Mais, les « Arrêtés de réduction des justices de paix », publiés en 1801, constituent la première nomenclature officielle des circonscriptions administratives de la France contemporaine. Ils sont le point de départ de la constitution d’un fichier de données administratives.

Ce fichier est en partie issu d’une collaboration de recherche entre le Laboratoire de Démographie historique (LDH) et l’Institut national d’Études démographiques (INED) qui a donné lieu à une publication «Communes d’hier, Communes d’aujourd’hui. », (INED, voir bibliographie). Il est également issu de la reprise des données présentées dans les volumes « Paroisses et Communes de France. Dictionnaire d’histoire administrative et démographique » collection coordonnée par le LDH (CNRS-Éditions, voir bibliographie).

Les informations sont extraites des actes publiés au Bulletin des lois puis au Journal officiel, et enfin, pour partie depuis 1943, présentés dans le Code officiel géographique (COG) de l’Institut national de la Statistique et des Études économiques (INSEE).

Les noms des territoires (voir aussi Dossier Index et Dossier Glossaire)

Les évolutions territoriales ne peuvent être suivies que par une connaissance précise de l’évolution des dénominations ce qui a donné lieu à l’établissement d’un index toponymique évacuant toute possibilité de confusion entre des entités homonymes. L’Index actuel comporte les noms des communes citées dans le Code officiel géographique (Insee, 1999), les dénominations des communes selon l'état des municipalités en 1793 et selon l’orthographe de la nomenclature de 1801, les changements de noms officiels ainsi que les variantes rencontrées sur les actes consultés, soit plus de 88 000 toponymes.

Les noms des collectivités territoriales et des circonscriptions administratives sont donnés dans l’acte qui officialise leur création. Toute modification ultérieure doit faire l’objet d’une procédure très stricte. En fait, dans les innombrables sources, documents ou brochures qui les citent, le respect de ces dénominations est souvent fantaisiste même encore aujourd’hui.

Impossibles à recenser de manière exhaustive, ces « variantes » proviennent de la prise en compte alternative de plusieurs dénominations en usage, ou bien de la volonté de maintenir une dénomination coutumière ou linguistique locale, ou tout simplement de raccourcis, erreurs ou ambiguïté de la typographie. Au niveau communal, ces variantes peuvent amplifier la confusion dans les cas d’homonymies.

Les chefs-lieux

Ce sont les lieux où siège les administrations des territoires. Leurs désignations entraînent, à chaque création de nouvelles entités administratives, de fortes rivalités entre communes, chacune souhaitant imposer son propre choix.

Ce choix procure en effet des avantages importants tant pour l’affectation des ressources à l’entretien des bâtiments communaux et des chemins que pour la proximité des services administratifs et commerciaux.

En terme de notoriété, ce choix est également important. Car, à l’exception des départements qui reçoivent, à leur création, des noms tirés de l’hydrographie ou du relief, la collectivité est désignée sous le nom de la commune siège de l’administration, usage confirmé en 1806 « les arrondissements, cantons et communes doivent être désignés par le nom de leur chef-lieu... ».

Cette règle connaît quelques entorses depuis une vingtaine d’années, pour les dénominations de nouveaux cantons ou de communes fusionnées.

Les mairies et les clochers

Au niveau communal, l’article 1 du décret du 20 janvier 1790, relatif à l’établissement des municipalités, place le chef-lieu communal « là où est le clocher », imposant en quelque sorte l’établissement du siège municipal à proximité du siège paroissial.

La correspondance des chefs-lieux communaux (coordonnées des mairies actuelles) et des clochers Cassini (repères des levés sur le terrain) illustre bien aujourd’hui, du moins en zone rurale, la réalité de ces implantations sur le territoire communal. La destruction de l’église ou un transfert de chef-lieu ultérieur explique alors une distance plus importante entre le clocher et la mairie.

Les modifications de limites

Au cours des siècles, le poids grandissant des Institutions en France a généré le développement d’administrations dont les limites enchevêtrées montrent, à la fin de l’Ancien Régime, des situations localement complexes. Quatre d’entre elles sont plus spécialement productrices d’informations sur la nomenclature des lieux et sur leur population : l’administration royale (généralités, subdélégations), l’administration fiscale (élections ou diocèses civils), l’administration judiciaire (parlements, bailliages ou sénéchaussées) et l’administration religieuse (diocèses religieux).

Il est de fait impossible de restituer précisément les limites de ces différents niveaux d’administration dans la mesure où celles des cellules de base de l’époque, « les paroisses », étaient à géométrie variable selon les domaines d’administration, impossibilité renforcée par la conservation inégale des sources.

La représentation des limites, par l’affectation des « paroisses » à ces administrations, se fait donc sur la base des limites actuelles des communes qui en sont issues et dont les limites ont été primitivement fixées par le cadastre au cours de la première moitié du XIXe siècle.

En 1790, la première tâche de l’Assemblée nationale est de mettre à plat toutes ces divisions et de les remplacer par une structure d’emboîtement hiérarchisée et uniforme sur tout le territoire. Lors des dix années suivantes, la maille communale n’étant pas encore stabilisée, l’évolution des limites administratives est toujours délicate à suivre.

Depuis 1801, la division administrative du territoire de la France n’a subi que des évolutions mineures parfaitement identifiables. Seul, le tissu communal connaît de nombreuses reconfigurations. La bonne conservation des sources permet d’en reconstituer la trame, et l’évolution des limites des niveaux supérieurs de l’administration peut en être déduite.

LA POPULATION

La population est connue, dans sa diversité et son évolution, par les opérations de dénombrement ou comptage des individus résidant sur le territoire national. Ces opérations servent à l’établissement de projets d’intérêt général (construction d’écoles, équipements culturels et sportifs, etc.). Elles sont d’utilité publique destinée à organiser la vie sociale.

La population est toujours dénombrée dans le cadre des territoires communaux hormis le cas du recensement de l’an II qui a retenu comme cadre de dénombrement celui des municipalités (voir dossier Glossaire).

La population des communes fusionnées, qui deviennent des sections ou des hameaux de leur commune de rattachement, n’est plus comptabilisée à part et est agrégée à celle des communes absorbantes. Cela explique les accroissements brutaux de population lisibles sur les diagrammes d’évolution présentés sur les notices communales.

Les résultats des opérations sont publiés, par le ministère de l’Intérieur, au Bulletin des lois et, depuis 1871, au Journal officiel. Dans l’intitulé de ces publications, le terme de « recensement » apparaît pour la première fois lors de celui de 1954, remplaçant celui de dénombrement.

La périodicité quinquennale (années 01 et 06) des recensements est instituée par l’ordonnance du 16 janvier 1822 authentifiant les résultats de celui de 1820. Respectée jusqu’en 1946, excepté pendant les années de guerre (celui de 1871 est reporté en 1872, celui de 1916 n’a jamais eu lieu, et celui de 1941 n’a pas été publié), les périodes intercensitaires s’allongent : 1954, 1962, 1968, 1975, 1982, 1990, 1999.

Elle est finalement abolie en janvier 2004, faisant du recensement de 1999 le dernier concernant toute la population à la même date. La nouvelle procédure établit une distinction entre les communes de moins de 10 000 habitants (recensement exhaustif tous les cinq ans à raison d’1/5e des communes chaque année) et celles de plus 10 000 habitants (enquête annuelle par sondage auprès d’un échantillon de leur population).

Les définitions de la population

Le recensement est une sorte de radiographie à une date donnée de la population. Celle-ci est classée en plusieurs catégories définies selon différents critères qui varient selon les époques. Ce sont des critères de répartition sur le territoire communal (population agglomérée, éparse, municipale), des critères de domiciliation (population présente, domiciliée, population à part), des critères d’âge, de statut matrimonial, de condition de logement, de profession, de nationalité, et même de religion (en Alsace).

Sur ce site, seules les populations totales communales sont présentées. Depuis le décret du 5 avril 1886, la population présente dans la commune au moment du recensement mais domiciliée dans une autre commune (ouvriers sur un chantier, pensionnaires des écoles, des casernes, etc.) fait l’objet d’un comptage « à part ». Elle est cependant comptabilisée dans le total communal.

Depuis le recensement de 1962, la population « comptée à part », incluse dans la « population totale avec double compte », n’est plus totalisée dans la « population totale sans les doubles comptes ». C’est cette dernière qui est relevée ici.

Les dénombrements ou recensements

Au cours des années 1790-1799, de nombreux dénombrements ont été effectués. Les territoires communaux n’étant pas encore réellement définis, les résultats sont difficilement comparables d’une opération à l’autre d’autant que leur conservation est inégale sur l’ensemble du territoire. Les recensements nationaux retenus sont les suivants :

Dénombrement de 1793 dit de l’an II
copie des états fournis en l’an III, septembre 1794-septembre 1795 (Archives nationales, F20/14 à /21)

Un premier dénombrement général de la population avait eu lieu en 1790-1791 mais les tableaux sont inégalement conservés (Archives nationales et/ou Archives départementales).

 Le dénombrement de 1793 est, lui, complet. Plusieurs exemplaires, qui peuvent différer l’un de l’autre, sont conservés aux Archives départementales et aux Archives nationales. La copie récapitulative qui en a été faite par l’administration centrale constitue le premier document véritablement exploitable car homogène sur l’ensemble des départements.

 La « Copie de l’An III » est la reprise des « États ou Dénombrement et population des départements » fournis par les administrations des districts au Comité de Division à la fin de l’année 1793 et au cours de l’année 1794. Celles-ci répondaient à la circulaire du 11 mai 1793 qui prescrivait une opération comparable à celle de 1790. Mais la circulaire du 11 août suivant inscrivit cette opération dans le cadre de la préparation des futures élections législatives. Il s’agissait dorénavant de connaître aussi, par municipalité, le nombre des « votants » qui, selon le régime censitaire de l’époque, étaient habilités à se réunir en Assemblées primaires dans chaque district afin de désigner les « électeurs » qui, à leur tour, éliraient les députés, leurs représentants à l’Assemblée législative. D’autres éléments descriptifs des municipalités étaient également relevés dans les 19 colonnes des tableaux.

La finalité « politique » de cette seconde injonction fait que la population est observée dans le cadre des unités électorales, les municipalités, et non dans celui des communes dont la définition et les contours n’étaient pas encore bien fixés. Ainsi, la nomenclature transcrite fait paraître des regroupements de communes ou de hameaux, qui cependant donneront naissance pour l’essentiel, hormis quelques cas d’éclatements de municipalités, aux futures communes confirmées lors du prochain recensement de l’an VIII (1800).

Pour chaque département, divisé en districts eux-mêmes divisés en cantons (en premier le canton de la commune chef-lieu du district, et à l’intérieur du canton, en premier, la municipalité chef-lieu du canton), les information suivantes sont présentées selon 19 colonnes :

- col. 1, changement de noms de communes (Nouveaux noms correspondant aux anciens) : jamais remplie
- col. 2, 3, Noms des cantons, des municipalités (toujours remplie)
- col. 4, 5, 6, statut de ville, ou de bourg et nombre de paroisses (parfois remplie)
- col. 7, 8, jours des foires et jours des marchés (parfois remplie)
- col. 9, 10, population des villes, des bourgs (parfois remplie)
- col. 11, population des municipalités (toujours remplie)
- col. 12, 13, 14, année 1792, nombre des naissances, mariages, décès (toujours remplie)
- col. 15, 16, 17, nombre des Assemblées primaires, votants, électeurs(toujours remplie)
- col. 18, total de la population du canton (toujours remplie)
- col. 19, observations (signale parfois les modifications intervenues dans les limites des administrations territoriales dans le courant de l’année 1793-1794).

Cette dernière colonne permet de connaître la structure administrative telle qu’elle apparaît selon le recensement de 1793. En revanche, la nomenclature des municipalités est celle qui est transcrite en 1794-1795 dans les « Copie de l’an III ».

 Sous chaque canton, les totaux par colonnes sont portés, et les totaux récapitulatifs par canton, par district et par département assure un contrôle immédiat de la saisie. Quelques rares erreurs d’addition de la part des copistes de l’époque sont à signaler.

 Enfin, 39 613 municipalités sont dénombrées auxquelles il faut ajouter 34 communes de l’Aveyron déjà administrées par une autre, 154 municipalités omises et 632 absences de données provenant de la perte ou destruction de pages du document (Corse et cinq districts sur les 549 districts de l’époque : Machecoul (Loire-Atlantique), Sarrelouis (Moselle), Valenciennes (Nord) et Montaigu et La Roche (Vendée). Certaines de ces lacunes doivent pouvoir être comblées par recours aux fonds des archives départementales. Soit un total estimé à 40 433 municipalités.

Dénombrement de l’an VIII (Archives nationales, F20/397/2 à 399)

La circulaire du 26 floréal an VIII (16 mai 1800) prescrivit de dresser des états complets de population par commune. Des copies sont envoyées à l’administration centrale et sont conservés aux Archives nationales.

 Ces tableaux, selon un modèle en 8 colonnes adressé aux préfets, ont été remplis par le personnel des préfectures nouvellement instituées et ont été certifiés par les préfets :

- col. 1, noms des communes
- col. 2, 3, 4, 5 6, nombre d’hommes mariés ou veufs, de femmes mariées ou veuves, de garçons de tous âges, de filles de tous âges, de défenseurs de la patrie
- col. 7, total
- col. 8, observations.

À partir de ce recensement, et pour tous les suivants, la population est observée dans le cadre des communes et non plus des municipalités.

 Bien que classées selon les arrondissements nouvellement institués par la loi du 28 pluviôse an VIII (17 février 1800), les communes sont présentées selon les départements,

- soit par ordre alphabétique complet dans leur arrondissement
- soit dans le cadre des cantons existants — hormis quelques ajustements — depuis le précédent recensement de l’an II mais ventilés dans le cadre des nouveaux arrondissements, ce qui parfois complique leur identification.

À cette date, 40 178 communes sont dénombrées, auxquelles il faut ajouter 87 communes administrée par une autre et 80 lacunes. Soit un total de 40 345 communes.

Recensement de 1806, Archives nationales et Service historique de l’Armée de Terre (Vincennes)

Il établit le point de départ de la nomenclature précise de l’état des communes : 25 lacunes seulement sur les 39 683 communes dénombrées auxquelles il faut ajouter plus de 500 de l’Aveyron et de la Haute-Vienne, administrées à l’époque par une mairie voisine.

Depuis, à de très rares exceptions près jusqu’en 1820, toutes les modifications des limites communales peuvent être suivies.

Légende utilisée sur les notices communales :
lac. (lacune) ; adm (administrée) ; ... créée ultérieurement.

Le recensement de 1820, Archives nationales et Bibliothèque municipale de Rouen

Les doubles dénominations communales qui paraissent dans ce recensement signalent les rattachements de communes pour lesquelles les actes n’ont pas été retrouvés. Ces précisions disparaissent parfois sans date.

De 1826 à 1872, Archives départementales

Les résultats publiés au Bulletin des lois ne concernent que les chefs-lieux de circonscriptions et les communes de plus de 2 000 habitants. Pour les autres, les résultats sont conservés aux Archives départementales.

Nous remercions ici les services des Archives départementales qui ont fourni, le plus souvent gracieusement, les microfilms ou photocopies des états des recensements.

Les recensements de 1876 à 1999, publications du ministère de l’Intérieur

À partir de 1876, le ministère de l’Intérieur publie les résultats pour l’ensemble des communes. La collection de ces publications est conservée à Paris par l’Insee.

Depuis 1876, l’orthographe des noms de communes est fixée officiellement selon la publication des tableaux des recensements. Pourtant, des erreurs (ajout ou oubli d’un accent, d’une lettre, d’un article, d’un complément) sont à noter sur ces publications.

Jusqu’au recensement de 1954, la présentation des communes par canton permet d’éliminer les problèmes d’homonymie à l’intérieur d’un département et elle facilite le contrôle de la saisie des informations. Depuis 1954, la répartition cantonale est abandonnée, l’ordre alphabétique des communes par département étant appliqué.

Le recensement de la population depuis 2004

Les données ont été reprises à partir du portail Insee, page Les résultats des enquêtes annuelles de recensement, 2004-2005-2006, Populations provisoires.
Pour les communes de moins de 10 000 habitants, 7 142 d’entre elles ont été enquêtée en 2004, 7 516 en 2005 et 7 148 en 2006, soit au total 21 806.
Pour les communes de plus de 10 000 habitants, la population de 399 d’entre elles a été estimée au 1er janvier 2005.
Pour connaître commune par commune l’année de recensement, se reporter sur le portail Insee.

ÉLÉMENTS DE BIBLIOGRAPHIE

Jean-Pierre Bardet, Claude Motte (sous la direction de) Paroisses et communes de France. Dictionnaire d’histoire administrative et démographique, Paris, CNRS-Editions, collection de 40 vol. publiés (soit 47 départements).

François de Dainville, Le Langage des géographes. Termes, Signes, Couleurs des cartes anciennes, 1500-1800, Paris, Éditions A. et J. Picard & Cie, 1964, 384 p.

François de Dainville, « La carte de France et son intérêt géographique », Bulletin de l’Association des géographes français, n° 251-252, mai-juin 1955, p. 138-147.

Bernard Gaudillère, Atlas historiques des circonscriptions électorales françaises, Genève, Droz/Paris, Champion, 1995, 839 p.

Gérard Lang, Le Code officiel géographique (COG), Avant, Pendant et Autour, Paris Insee, série « Documents de travail », 1e édition 1999, 1 vol. ; 2 e édition 2000, 2 vol.

Claude Motte, Isabelle Séguy, Christine Théré, Communes d’hier, Communes d’aujourd’hui. Les communes de la France métropolitaine, 1801-2001. Dictionnaire d’histoire administrative, Paris INED, 2003, 407 p. + 1 CD-Rom.

Monique Pelletier, La Carte de Cassini. L’extraordinaire aventure de la Carte de France, Presses de l’École nationale des Ponts et Chaussées, Paris, 1990, 263 p. et Les cartes des Cassini : la science au service de l'État et des régions , Paris, Éd. du CTHS, 2002.